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SaaS vs on-premise : le match de 2026

Longtemps considere comme un combat gagne d'avance par le cloud, le debat entre SaaS et on-premise connait un rebondissement. Entre souverainete, couts et performance, les entreprises francaises reexaminent leurs choix.

Balance entre un serveur local (on-premise) et un nuage (cloud) representant le choix technologique

Pendant une decennie, la question etait tranchee. Le SaaS avait gagne. Les entreprises migraient massivement vers le cloud, abandonnant les serveurs on-premise comme on abandonne une technologie obsolete. Mais les choses ont change.

En 2025, une enquete de Markess by Exaegis aupres de 250 DSI francais a revele que 38% d’entre eux envisageaient de rapatrier certaines applications critiques du cloud vers l’on-premise ou le cloud prive. Ce mouvement, appele “cloud repatriation”, remet en question le dogme du “cloud-first” qui dominait jusqu’alors.

“Le cloud n’est pas toujours la meilleure solution”, constate un DSI d’un grand groupe francais. “Pour certaines applications, l’on-premise est moins couteux, plus performant, et plus sur.”

Les arguments du SaaS

Les avantages du SaaS restent puissants. Le premier est la reduction des couts d’infrastructure. Pas de serveurs a acheter, pas de salles a climatiser, pas d’equipes a recruter pour la maintenance.

“Nous avons reduit notre budget infrastructure de 60% en passant au SaaS”, temoigne un DSI de PME. “La maintenance est incluse, les mises a jour sont automatiques, et nous pouvons scaler sans investissement.”

Le deuxieme avantage est la flexibilite. Le SaaS permet d’ajouter ou de supprimer des utilisateurs, de tester de nouvelles fonctionnalites, et de s’adapter aux variations d’activite sans contrainte technique.

“Nous avons double notre parc d’utilisateurs en trois mois sans aucun investissement”, raconte un responsable IT. “En on-premise, cela aurait necessite six mois de planification et d’achat de materiel.”

Le troisieme avantage est l’innovation. Les editeurs SaaS mettent a jour leur produit en continu, apportant de nouvelles fonctionnalites chaque semaine. En on-premise, les mises a jour sont plus rares et plus complexes.

Les arguments de l’on-premise

L’on-premise connait un regain d’interet grace a plusieurs facteurs. Le premier est la maitrise des couts. Pour les applications stables a grande echelle, l’on-premise peut etre moins couteux que le SaaS.

“Nous avons calcule que notre ERP on-premise nous coute 40% de moins que l’equivalent SaaS sur cinq ans”, explique un directeur financier. “Les couts recurrents du SaaS s’accumulent, tandis que l’on-premise est amorti sur la duree.”

Le deuxieme argument est la performance. Les applications installees localement sont plus rapides car elles ne dependent pas de la qualite de la connexion internet.

“Notre application de production ne peut pas tolerer de latence”, explique un directeur industriel. “Le SaaS n’est pas une option pour nos systemes temps reel.”

Le troisieme argument est la souverainete des donnees. Avec les regulations europeennes (RGPD, DSA, DMA) et les preoccupations croissantes sur la souverainete numerique, certaines entreprises preferent garder leurs donnees sur leurs propres serveurs.

Le cas des entreprises reglementees

Les entreprises des secteurs reglementes (banque, assurance, sante, defense) sont les plus concernees par le retour de l’on-premise. Les contraintes reglementaires limitent leur capacite a utiliser le cloud public.

“En tant que banque, nous ne pouvons pas mettre toutes nos donnees dans le cloud”, explique un DSI bancaire. “Certaines donnees doivent rester en France, sur des serveurs que nous controlons.”

BNP Paribas a developpe une strategie hybride : les applications grand public sont dans le cloud, mais les systemes critiques restent en on-premise ou en cloud prive. “Nous avons identifie trois categories d’applications : celles qui peuvent aller dans le cloud public, celles qui necessitent un cloud prive, et celles qui doivent rester en on-premise.”

Le modele hybride comme consensus

Le consensus emergent est le modele hybride. Les entreprises ne choisissent pas entre SaaS et on-premise, elles utilisent les deux en fonction des besoins.

“Notre strategie est ‘cloud-smart’, pas ‘cloud-first’”, explique un DSI. “Chaque application est evaluee individuellement. Certaines vont dans le cloud, d’autres restent en on-premise.”

Ce modele hybride permet de beneficier des avantages des deux mondes. Les applications standards et non critiques utilisent le SaaS pour sa flexibilite. Les applications critiques et sensibles restent en on-premise pour la maitrise et la performance.

Des editeurs comme le francais OVHcloud ou l’allemand SAP proposent des solutions hybrides qui permettent de combiner cloud public, cloud prive et on-premise dans une architecture unifiee.

L’evolution des editeurs

Face a cette tendance, les editeurs SaaS adaptent leur offre. Certains proposent desormais des versions on-premise de leur solution, en plus de leur offre SaaS classique.

“Nous avons lance une version on-premise de notre logiciel en 2024, et elle represente deja 20% de nos nouveaux contrats”, explique un responsable commercial d’un editeur SaaS. “Nos clients nous demandaient cette option, nous avons ecoute.”

D’autres editeurs adoptent une approche “cloud prive” : l’application reste hebergee chez l’editeur, mais sur une infrastructure dediee, isolee des autres clients.

L’impact economique pour les editeurs

Le retour de l’on-premise a un impact significatif sur le modele economique des editeurs. Le SaaS genere des revenus recurrents previsibles, tandis que l’on-premise genere des revenus initiaux plus eleves mais moins previsibles.

“Notre mix SaaS/on-premise est de 70/30”, explique le CFO d’un editeur. “Le SaaS nous donne la visibilite, l’on-premise nous donne de la tresorerie. C’est un equilibre sain.”

Les marges sont differentes. Le SaaS a des marges brutes elevees (70-80%) une fois l’infrastructure amortie, tandis que l’on-premise a des marges plus faibles mais des couts d’acquisition reduits.

Notre analyse du nouveau playbook du SaaS vertical explore comment les editeurs specialises abordent ce choix strategique.

Les perspectives pour 2026-2027

La tendance pour les annees a venir est a la coexistence des modeles. Le SaaS continuera de dominer pour les applications grand public et les startups, tandis que l’on-premise restera pertinent pour les applications critiques et les secteurs reglementes.

“Nous allons vers un monde ou le choix entre SaaS et on-premise ne sera plus un choix binaire”, predit un analyste. “Les editeurs offriront plusieurs options de deploiement, et les clients choisiront en fonction de leurs besoins specifiques.”

Le cas des editeurs francais face au choix

Les editeurs SaaS francais sont confronte a un dilemme strategique. Proposer une version on-premise augmente la complexite et les couts de developpement, mais peut ouvrir des marches qui resteraient autrement inaccessibles.

Cegid, l’editeur francais de logiciels de gestion, a fait le choix d’une approche hybride. “Nos clients enterprise veulent de la flexibilite”, explique un dirigeant de Cegid. “Certains veulent le SaaS pour sa simplicite, d’autres veulent l’on-premise pour la maitrise. Nous devons proposer les deux.”

Cette dualite impose des investissements significatifs en R&D et en infrastructure. Les editeurs doivent maintenir deux branches de leur produit, avec des cycles de mise a jour differents et des contraintes techniques distinctes.

L’impact environnemental du choix

Un argument souvent neglige dans le debat SaaS vs on-premise est l’impact environnemental. Le cloud mutualise les ressources et optimise la consommation energetique, mais les data centers consomment enormement d’electricite.

Selon une etude de l’ADEME (2025), une application SaaS bien optimisee a une empreinte carbone inferieure de 30% a une application on-premise equivalente, grace a la mutualisation des ressources et a l’optimisation de la consommation energetique des data centers.

Cependant, certaines entreprises considerent que la maitrise de leur infrastructure leur permet de mieux controler leur impact environnemental, en choisissant des sources d’energie renouvelable et en optimisant leur consommation.

Notre analyse du pricing strategique montre comment les editeurs adaptent leur pricing a ces differents modeles de distribution.


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